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Christian Piron |
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Démence 2006
Le surréalisme se décrit comme un automatisme psychique pur par lequel on se propose d'exprimer le
fonctionnement réel de la pensée. Il s’agit d’une « dictée de la pensée », composée en l'absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique et
morale (André BRETON)
Issu de l'Académie des Beaux-Arts de Namur, je me propose, après un passage par la taille de pierre, de revisiter cette
spécificité artistique belge : le surréalisme.
Evidemment, nous ne sommes plus à l'époque de Magritte ou de Delvaux, notre société a évolué, les préocupations sont autres. Les maîtres du surréalisme se sont éteints, le dadaisme est
enseigné dans les cours de l'histoire de l'Art.
Alors, peut-être devrais-je parler de néo-surréalisme ou de surréalisme social ?
C'est à voir et à vous de juger ( Démarche).
Christian Piron
Mon travail est engagé, atypique, décalé ou novateur ? Il me permet en tout cas d’avoir cette liberté d’expression, à mes yeux indispensable, en dehors de toute préoccupation esthétique et/ou morale.
Mes sculptures ne s’inscrivent dans aucun mouvement ou style en vogue. Ma démarche fait certes référence au surréalisme, mais elle y apporte quelque chose de neuf, le regard d’une autre génération.
Cette liberté se traduit aussi par le choix des matériaux. La matière de base de mes créations réside dans un choix au demeurant bien étrange : la terre. La terre offre à mes yeux l’avantage d’un processus créatif permanent tout au long de la réalisation. La conception ne se résume pas à la mise en œuvre figée d’une esquisse. Jusqu’à la dernière touche, tout est possible. De la plus insigne modification jusqu’à une remise en cause plus profonde de la création. J’ai besoin de cette liberté tout au long du processus pour exprimer pleinement mon intention, donner d’avantage de force, interpeller, voir choquer, si je l’estime nécessaire pour mener à bien mon discours.
Le choix de la terre n’est pas non plus étranger à un certain anti-conformisme. La terre tend à être dénigrée sans raison au profit de matériaux dits nobles que sont la pierre, le bois et le bronze. Mon travail au contraire tend à la mettre à l’honneur.
Autre particularité de mon approche : la couleur. La place qu’elle y occupe est primordiale.
Le travail sur la couleur peut dans certaines œuvres totalement
supplanter le volume, lui donner toute sa signification ( Civilisé & Ado ). Est-ce encore de la sculpture ? Est-ce
de la peinture ? Simple argutie à mes yeux sans intérêt !
Octobre 2009 Faeria
Biennale des arts de l'imaginaire
avec la galerie Pieter Pauwel (Dendermonde)
Maison de la culture d'Arlon